
A la fin des années 70, pratiquer la moto est un moyen d'affirmer sa passion pour la liberté et son attachement à la solidarité.
C'est aussi une façon de se démarquer, d'afficher son anticonformisme.
Dans le même temps, la politique anti-moto des pouvoirs publics devient insupportable : impossibilité de s'assurer, menace d'interdiction des grosses cylindrées... et la vignette moto qui met le feu aux poudres et provoque la révolte.
Dans tout l'hexagone, les motards se mettent en colère. Des manifs sont déclenchées. Des associations de motards se regroupent et s'organisent. Ce vaste mouvement donne naissance à la FFMC, dont les statuts sont déposés le 23 janvier 1980.
Dans cette dynamique, le mouvement motard décide de créer des structures dans la sphère de l'économie sociale, afin de répondre aux besoins des motards auxquels la société ne répond pas, ou mal.
Les Editions de la FFMC éditent « Le Pavé dans la Mare » (devenu Moto Magazine), et d'autres publications visant à promouvoir une pratique de la moto empreinte des valeurs de la FFMC (voir paragraphe II « Les Valeurs de la FFMC »).
En 1983, 40.000 personnes versent chacune 280 Francs pour créer la Mutuelle des Motards (AMDM), et prouvent ainsi que le risque moto peut être assure. L'année suivante, en 1984, c'est le début de l'association de Formation des Motards (AFDM), qui met en place des stages de perfectionnement à la conduite sur route.
La même année, la FFMC Loisirs s'organise également avec le double objectif d'une politique de sensibilisation et de formation envers les jeunes, et d'un loisir adulte convive et solidaire.
En 1987, une casse associative « Moto-Puzzle » est ouverte à Marelle. Aujourd'hui, elle a arrêté son activité épéiste pour se consacrer à la moralisation du marché sur tout le territoire national.
La FFMC a acquis expérience et maturité. Les pouvoirs publics sont contraints de l'accepter comme interlocuteur dans des tables rondes sur la sécurité et la moto, et comme partenaire dans des opérations de sensibilisation à la sécurité routière en milieu scolaire, ou pour la mise en place des « Relais Motards Calmons».
De nombreux militants FFMC sont nommés IDSR (Inspecteurs Départementaux de la Sécurité Routière), et participent aux enquêtes REAGIR (Réagir par des Enquêtes sur les Accidents Graves et les Initiatives pour y Remédier), pour contribuer à l'amélioration des infrastructures lorsqu' il y a accident grave ou mortel.
Aujourd'hui, après 20 ans de luttes, la FFMC n'a pas renié ses valeurs d'origine. Elle veut à la fois être reconnue et écoutée comme représentant légitime des motards, et garder son dynamisme, sa puissance de mobilisation dans la rue.
Dans le même temps, la FFMC s'est organisée en véritable fédération : face au pouvoir de l'état, il faut de vrais moyens, une vraie organisation, capable de répondre au coup par coup et d'anticiper les mauvais coups... Pas facile!
C'est le pari d'aujourd'hui auquel on vous invite à participer. Et, pour gagner ce pari, pas question d'abandonner ce qui a fait notre force, les valeurs pour lesquelles nous nous sommes rassemblés et organisés :
Solidarité : ce n'est pas seulement s'arrêter pour aider un autre motard en panne. Nous agissons pour que ce comportement subsiste et se développe, la solidarité étant une lutte commune pour défendre des orientations, des droits et des objectifs communs.
Économie sociale : le mouvement FFMC est attaché depuis sa création au concept "d'économie sociale", c'est-à-dire un type d'économie qui veut répondre à des besoins plutôt que de faire du profit la finalité de l'entreprise ou de l'association. Il en est ainsi de toutes les structures du mouvement FFMC.
Liberté : la liberté du motard n'est pas l'égoïsme et le mépris des autres catégories d'usagers. Au contraire, la liberté est un combat contre toutes les répressions abusives et les discriminations de tous ordres. Une catégorie, minoritaire en nombre, ne peut en aucun cas être marginalisée du fait de ses caractéristiques propres : deux-roues, couleur de peau, niveau social, handicap, préférences sexuelles... D'où notre opposition à toute forme d'expression du racisme. La liberté n'est pas non plus la vitesse libre ou le non port du casque. Chez nous, liberté rime avec responsabilité.
Sécurité : c'est un mot où tout le monde se reconnaît, du plus convaincu des militants FFMC qui agit pour la prévention et la formation, aux plus hauts cadres du Ministère des Transports qui ne jurent que par les dispositions répressives. La sécurité routière pour la FFMC c'est la prévention, le partage de la route, la formation, la responsabilisation des usagers de la route, l'amélioration des infrastructures et réseaux routiers.
Vingt ans après, nous réaffirmons que la FFMC est un mouvement engagé pour faire avancer des valeurs, une autre conception de la société qui, comme la moto, rime avec solidarité et liberté...
En 1980, la FFMC est née d'un combat collectif contre la politique motophobe des pouvoirs publics. Son objectif est de fédérer les usagers des 2 et 3 roues motorisés (du cyclo au gros cube) autour des valeurs qui ont motivé sa création et continuent de l'animer.
Elle agit pour développer la pratique des 2 roues motorisés ou engins assimilés. Elle défend leurs utilisateurs en tant qu'usagers de la route et en tant que consommateurs. Elle agit pour la sécurité et le partage de la route sur la base du développement de l'information, de la prévention, et de la formation, et pour faire prévaloir la connaissance et la prise de conscience plutôt que les mesures répressives.
Elle agit également pour promouvoir les valeurs de solidarité, d'égalité et de liberté, visant à permettre au plus grand nombre la pratique des 2 et 3 roues motorisés, dans un esprit de responsabilité et d'entraide. Elle préserve son indépendance vis à vis de tout pouvoir, et rassemble les motards sans discrimination. Elle fonde son action sur la responsabilisation et la tolérance. Partie prenante du mouvement social, elle favorise l'intervention des motards en tant que citoyens.
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